Test
Test Roborock Saros 10R : le haut de gamme ultra-plat qui passe (enfin) sous les meubles
Sans tourelle LiDAR, le Saros 10R ne mesure que 7,98 cm et se glisse là où aucun robot à tourelle ne va, sans rien sacrifier : navigation 3D précise, châssis qui franchit 4 cm, station tout-en-un à 80°C. Testé sur 600 m², il ne lui manque presque rien, sauf un prix plus doux au lancement et un mode swing.
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Annoncé quelques mois après le Qrevo Curv et présenté au CES de Las Vegas, le Saros 10R intrigue au premier regard : pas de tourelle LiDAR sur le dessus, un format ultra-plat de 7,98 cm qui rappelle les robots d'entrée de gamme d'il y a dix ans, ceux qui se déplaçaient au hasard. Sauf qu'on est en 2025 et que Roborock a remplacé la tourelle par un LiDAR à semi-conducteurs intégré au châssis. Le testeur a fait tourner ce robot plusieurs semaines, sur 600 m² cumulés dans différents environnements, avec un exemplaire prêté par la marque (ce qui, précise-t-il, n'a pas influencé son avis). Verdict : un des robots les plus aboutis testés à ce jour, avec quelques réserves.
Conception et entretien
La rupture, c'est le système StarSight 2.0 : un double laser 3D qui scanne l'environnement sur 21 600 points, à la manière d'une reconnaissance faciale, complété par deux caméras ToF (avant et arrière) pour la perception en profondeur, une caméra RGB avec éclairage LED pour que l'IA reconnaisse plus de 108 objets du quotidien dès 2 x 2 cm, et un capteur latéral inédit pour identifier les obstacles inclinés comme les pieds de chaises de bar. Le tout tient dans 7,98 cm de hauteur, un record à ce niveau d'équipement. Le design est très soigné, tout en nuances de noir, avec un bumper frontal classique et deux boutons minimalistes sur le dessus. Le bac à poussière avec filtre HEPA est facile d'accès, même si son couvercle n'a pas de charnière.
Roborock annonce aujourd'hui 22 000 Pa (19 000 Pa au lancement). Ce n'est pas la valeur la plus élevée du marché mais elle suffit largement, y compris sur les tapis à poils longs. Le robot repose sur deux grandes roues crantées et un châssis AdaptiLift capable de se soulever sur deux niveaux, jusqu'à 4 cm, pour franchir les seuils ou grimper sur un tapis épais. Contre les poils et cheveux, le problème le plus remonté par les utilisateurs, Roborock combine une brosse principale DuoDivide (deux rouleaux coniques en silicone tournant à des vitesses différentes) et une brosse latérale FlexiArm Riser redessinée avec deux types de poils. À l'arrière, deux serpillères rotatives à 200 tr/min, la droite déportée pour longer plinthes et pieds de meubles, se relèvent de 10 mm (22 mm avec l'élévation du châssis) ; de l'eau chaude est injectée directement sur les serpillères pendant le lavage pour maintenir une humidité constante.
La station est du même niveau : façade en verre trempé anti-reflet qui marque étonnamment peu la poussière, deux réservoirs de 4 L (eau propre, eau sale), un bac à détergent de 590 ml et un sac à poussière de 2,5 L à changer tous les quelques mois. En partie basse, elle gère tout : vidage du bac, recharge, remplissage en eau, et dépose automatique des serpillères pour que le robot aspire les tapis sans les mouiller. Les serpillères sont lavées à 80°C puis séchées trois heures à 55°C, la base peut s'autonettoyer à 80°C, des racloirs grattent les résidus au fond du bac de lavage, et tous les composants internes se démontent pour un entretien manuel. Après plus de 600 m², la base est restée propre, sans odeur ni eau stagnante. Deux regrets : aucun flacon de détergent n'est fourni malgré le distributeur, et aucun rangement n'est prévu pour le câble d'alimentation.
Application et cartographie
L'application Roborock est complète et bien construite, avec un contrôle précis ou entièrement délégué à l'IA via le mode Smart Plan, qui adapte aspiration, lavage et nombre de passages à chaque zone. Un assistant vocal intégré, Hello Rocky, permet de piloter de nombreuses fonctions à la voix. Il reste perfectible : un bug a été constaté en test (remonté au service client, qui a répondu rapidement), et il est impossible de lui faire lancer une routine personnalisée créée dans l'application, du type « nettoie après le repas » pour enchaîner cuisine et salle à manger. Une limite que le testeur a aussi relevée chez Dreame et MOVA.
Navigation et obstacles
Sur les quatre axes évalués en conditions réelles — détection des obstacles, nettoyage des coins, franchissement et qualité du lavage — le Saros 10R s'est très bien comporté. Aucun souci pour franchir les seuils de porte, taches au sol et petits objets correctement identifiés, navigation précise même dans des environnements complexes. Seules deux erreurs en plusieurs semaines : une grosse poussière confondue avec un tissu, donc évitée au lieu d'être aspirée, et un Playmobil non reconnu. L'atout maître reste la hauteur : à 7,98 cm, il passe sous des meubles où un Narwal Z10 Ultra et ses 11 cm ne vont pas, et ces 3 cm changent vraiment la surface réellement nettoyée.
Aspiration
L'aspiration reste efficace sur tapis épais, et sur sol dur le résultat est jugé tout simplement excellent : aucun résidu après passage. Les systèmes anti-enchevêtrement tiennent leurs promesses : même en présence de touffes de poils, les brosses ont fait leur travail sans jamais se bloquer, ce qui devrait dépasser les performances déjà solides du système TriCut de Dreame.
Lavage
Aucune trace après lavage sur sol dur. Le mode Smart Plan s'est montré étonnamment pertinent : le robot repasse de lui-même sur une zone qu'il juge encore sale, et des capteurs dans la station déterminent si un second cycle est nécessaire. La consommation d'eau est bien gérée, 4 L suffisent pour de grandes surfaces sans recharger les réservoirs trop souvent. Il manque en revanche le mode « swing », présent chez Dreame depuis le L20 et chez MOVA avec le P50 Pro : le robot pivote avec ses serpillères déployées pour aller encore plus loin sous un réfrigérateur ou un meuble bas. Une mise à jour pourrait combler ce manque.
Autonomie
Batterie de 6 400 mAh avec recharge rapide en 2,5 heures, et un retour automatique à la station pour laver les serpillères et refaire le plein d'eau, selon les réglages ou à l'initiative du Smart Plan. Sur 600 m² cumulés, l'autonomie n'a jamais été un sujet.
Pour qui ?
Pour qui a des meubles bas (lits, canapés, buffets sur pieds) sous lesquels les robots à tourelle ne passent pas : c'est l'argument numéro un, et aucun autre robot de ce niveau ne descend à 7,98 cm. Pour les foyers avec animaux aussi, vu l'efficacité de l'anti-enchevêtrement et la détection d'obstacles. Pour un budget plus serré avec surtout du sol dur, un Dreame L50s Pro Ultra fait très bien le travail pour beaucoup moins. Et si vous cherchez ce qui se fait de plus haut de gamme sans regarder le prix, le testeur renvoie vers le Saros 20, son grand frère.
Verdict
Roborock signe un modèle réellement novateur : une navigation 3D de nouvelle génération qui remplace la tourelle LiDAR sans rien perdre en précision, un châssis qui franchit 4 cm, une station complète et très bien finie, une application riche. Tout est pensé, jusqu'au design. Les défauts sont réels mais secondaires : pas de détergent fourni, pas de mode swing, un assistant vocal encore jeune, et un prix de lancement au-dessus de 1 000€ qui a depuis nettement baissé, ce qui le rend aujourd'hui bien plus facile à recommander. Pour qui veut un des meilleurs robots aspirateurs laveurs du moment, agréable au quotidien et capable d'aller là où les autres ne vont pas, le Saros 10R est une valeur sûre.
Sur le Roborock Saros 10R
Points forts
- Seulement 7,98 cm de haut grâce au LiDAR à semi-conducteurs StarSight 2.0 intégré au châssis : passe sous des meubles inaccessibles à un robot à tourelle (3 cm de moins qu'un Narwal Z10 Ultra, par exemple)
- Détection d'obstacles très précise en usage réel : seuils de porte, taches et petits objets correctement identifiés sur 600 m² de test, avec seulement deux erreurs relevées (une grosse poussière prise pour un tissu, un Playmobil non reconnu)
- Anti-enchevêtrement réellement efficace : brosse principale DuoDivide à deux rouleaux coniques et brosse latérale FlexiArm Riser, aucun blocage constaté même avec des touffes de poils
- Aspiration convaincante y compris sur tapis épais, résultat jugé excellent sur sol dur : aucun résidu ni trace après lavage
- Châssis AdaptiLift qui s'élève sur deux niveaux jusqu'à 4 cm : franchit les seuils sans difficulté et monte sur les tapis épais
- Station complète et très bien finie (façade en verre trempé) : vidage, lavage des serpillères à 80°C, séchage à 55°C, remplissage, distributeur de détergent et dépose automatique des serpillères pour aspirer les tapis à sec ; restée propre, sans odeur ni eau stagnante après plusieurs semaines
- Mode Smart Plan piloté par l'IA étonnamment pertinent : repasse de lui-même sur une zone encore sale, et consommation d'eau maîtrisée (4 L suffisent pour de grandes surfaces)
- Serpillère droite déportée pour laver au plus près des plinthes et pieds de meubles
Points faibles
- Prix de lancement bien au-dessus de 1 000€ (aujourd'hui nettement redescendu) alors qu'un Dreame L50 fait très bien en aspiration et lavage pour beaucoup moins
- Distributeur de détergent présent dans la station, mais aucun flacon fourni
- Pas de mode « swing » (le robot pivote serpillères déployées pour aller plus loin sous un meuble bas), présent chez Dreame depuis le L20 et chez MOVA
- Reconnaissance imparfaite de certains petits objets (un Playmobil ignoré en test)
- Assistant vocal Hello Rocky encore perfectible : un bug constaté en test, et impossible de lui faire lancer une routine personnalisée créée dans l'application
- Aucun rangement prévu pour le câble d'alimentation de la station, et aucune brossette d'entretien fournie
Fiche technique
- Brosses
- DuoDivide (deux rouleaux coniques en silicone à vitesses différentes) + brosse latérale FlexiArm Riser
- Batterie
- 6 400 mAh, recharge rapide en 2,5 h
- Châssis
- AdaptiLift : élévation sur deux niveaux, jusqu'à 4 cm
- Séchage
- Air chaud 55°C, 2 / 3 / 4 h
- Aspiration
- 22 000 Pa (19 000 Pa annoncés au lancement)
- Navigation
- LiDAR à semi-conducteurs StarSight 2.0 : double laser 3D (21 600 points), deux caméras ToF avant/arrière, caméra RGB avec éclairage LED, capteur latéral
- Serpillères
- Doubles rotatives 200 tr/min, droite déportée, relevage 10 mm (22 mm avec élévation du châssis), dépose automatique à la station, eau chaude injectée pendant le lavage
- Hauteur robot
- 7,98 cm (350 x 353 x 79,8 mm), 4,1 kg
- Assistant vocal
- Hello Rocky intégré
- Dimensions station
- 381 x 475 x 488 mm, 11,4 kg, façade en verre trempé
- Reconnaissance d'objets
- Plus de 108 objets, à partir de 2 x 2 cm
- Sac à poussière (base)
- 2,5 L, ~7 semaines
- Autonettoyage serpillères
- Eau chaude 80°C, autonettoyage de la base à 80°C, racloirs
- Réservoir eau sale (base)
- 4 L
- Réservoir détergent (base)
- 590 ml (détergent non fourni)
- Réservoir eau propre (base)
- 4 L